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Protection de l'enfance

Psychologue en MECS : au service du soin

Le Foyer des Flandres est une MECS qui accueille des enfants de 7 à 21 ans en difficulté personnelle et familiale. Céline Sokolowski y est psychologue depuis 2 ans et demi. Avec elle, trois questions pour mieux comprendre le rôle du psychologue en Protection de l’Enfance.


En quoi consiste la mission de psychologue en MECS ?

La première de nos missions en tant que psychologue, c’est celle de soutenir psychologiquement les enfants accueillis : à travers l’accompagnement, nous essayons de saisir ce qui peut faire souffrance auprès de l’enfant / du jeune. Nous cherchons à percevoir les processus psycho-affectifs à l’œuvre dans son fonctionnement pour apporter une compréhension et une lecture de sa problématique, des symptômes qu’il peut présenter et qui peuvent aller du syndrome dépressif aux difficultés d’interactions sociales, en passant par une auto ou une hétéro-agressivité. Nous saisissons les éléments de souffrance dans toutes ses dimensions. Pour cela, nous pouvons recevoir l’enfant lors de séances individuelles, familiales et nous nous basons également sur les observations de l’équipe éducative.


Ensuite, nous avons un rôle d’accompagnement des professionnels de l’équipe éducative pour permettre une compréhension générale de la problématique du jeune et, in fine, la mise en œuvre d’un accompagnement à la fois efficient et adapté à ces problématiques. Par ailleurs, beaucoup d’enfants accueillis au Foyer des Flandres sont de jeunes adolescents de 10-12 à 18 ans et parfois, à cet âge-là, les processus pubertaire et adolescent émergents entrainent des mouvements pulsionnels qui vont s’inscrire dans la relation à l’Autre mais également dans la dynamique collective. Moi, j’interviens pour aider les professionnels à comprendre ce qui peut se jouer dans la relation avec ce jeune. Cela permet au travailleur social de se décaler dans sa mission, de faire un pas de côté, et ça lui apporte plus de stratégie et d’outils dans sa mission d’accompagnement.


Enfin, je dirais que notre troisième mission réside dans le partenariat et le binôme que nous formons avec le chef de service socio-éducatif. Notre objectif commun est d’apporter une contenance auprès de l’équipe éducative. Nous avons des moments d’échanges qui vont concerner les situations des enfants accompagnés et nous menons des réflexions sur certaines thématiques qui peuvent faire l’objet d’un groupe de travail : l’accueil des jeunes, le volet de la parentalité, le travail sur les écrits professionnels, les outils utilisés.

Comment intervenir au quotidien auprès des jeunes ? Quelles formes peut prendre l’accompagnement ?

Il est important de préciser en préambule que tous les psychologues en MECS ou en protection de l’enfance partagent la même mission, celle d’accompagner l’enfant de manière holistique. Ensuite la façon font nous allons décliner notre intervention va différer selon le cadre de référence et les grilles de lecture qui sont propres à chacun. Être psychologue, c’est aussi savoir faire preuve de flexibilité et bousculer parfois notre cadre de référence et nos pratiques pour aller chercher ce qui fait sens au regard de la situation d’un enfant. En ce qui me concerne, mes modalités d’intervention auprès des jeunes prennent trois formes.


Dans le cadre de l’accompagnement individuel, chaque fois qu’un jeune est accueilli au sein du foyer, je lui consacre deux ou trois séances autour du jeu et du dessin pour faire connaissance. Cela me permet de créer une sorte d’alliance thérapeutique qui peut aboutir à un accompagnement individuel de plus longue durée ou de l’amener vers un parcours de soin (CMP, CSAPA,). Il s’agit aussi d’un espace de parole où il peut s’exprimer sur ce qu’il ressent, notamment à propos de ses conditions de placement et des relations qu’il entretient avec ses pairs au sein de la structure ou dans son cercle familial. S’il y a une adhésion du jeune, dans ce cas l’accompagnement individuel se poursuit. Le rythme des séances et la durée de cet accompagnement sont adaptés en fonction des besoins de l’enfant, de sa situation, de son état psychologique. L’accompagnement peut aussi être réévalué et réadapté en fonction des retours des éducateurs et, éventuellement, de leurs inquiétudes.


Ensuite, et en accord avec la volonté du jeune, je peux le recevoir avec ses parents, l’un de ses parents ou les membres de la fratrie lorsque cela a du sens. Ces rencontres-famille ont pour but de développer l’axe de la parentalité au sein du foyer, de travailler ce qui a amené parfois aux conditions de placement, par exemple les difficultés familiales rencontrées, les difficultés pour les parents à poser un cadre auprès de leurs enfants, le poids de l’histoire familiale. Ces séances ont lieu une fois par mois ou de manière plus espacée pour laisser le temps à la famille de développer elle-même ses propres ressources. J’utilise des outils comme le géno-sociogramme, le blason familial ou tout autre outil me permettant d’investiguer l’histoire et le fonctionnement familial. Ce qui est intéressant c’est qu’il y a parfois eu des jeunes pour qui la rencontre individuelle était compliquée parce qu’il y avait des résistances et de l’appréhension. En le rencontrant en présence de sa famille, nous sommes ensuite passés à des rencontres individuelles.


Enfin, ma troisième modalité d’intervention est celle des groupes de travail thérapeutique où j’interviens en binôme avec l’un des éducateurs dont le rôle va être d’apporter un cadre éducatif et une contenance permettant à chacun d’être en sécurité au sein du groupe. Nous proposons une activité thérapeutique en utilisant le photolangage ou d’autres médias pour animer des débats. Ces séances permettent d’observer comment l’enfant se comporte avec ses pairs, quelle place il occupe au sein du groupe mais également de signifier cette dimension collective dans laquelle ils sont inscrits et de créer une enveloppe groupale.

Quel est le rôle d’une psychologue au sein de l’équipe éducative et comment coordonner actions et expertise ?

L’accompagnement de l’équipe éducative s’organise sur des temps formels à l’occasion d’une réunion clinique qui a lieu une fois tous les 15 jours. Nous revenons chaque fois sur la situation de l’un des jeunes accueillis sur la MECS et nous essayons d’avoir une visibilité générale de son histoire et de son parcours : retracer une ligne de vie avec les événements marquants de son parcours (les relations avec ses figures d’attachement, les traumas, les premières interventions sociales, les placements…), exposer le génosociogramme, reprendre historiquement ce qui l’a amené au sein de la MECS. Pendant cette réunion, on procède à un tour de table. C’est important que chacun puisse exprimer ses observations sur le comportement de l’enfant et ce qui se joue dans la relation avec lui. Selon l’observateur, le comportement de l’enfant peut être différent. Certains enfants font l’unanimité, d’autres, en revanche, peuvent provoquer des clivages au sein de l’équipe en fonction de leurs histoires et leurs symptômes. A l’issue du tour de table, on construit un photogramme. Il s’agit d’un outil qui permet de reprendre de manière visuelle les observations pointées et les actions à mettre en place au regard de ces observations, le plus souvent des actions très concrètes. Cet outil permettra également à l’éducateur référent de rédiger le rapport éducatif à remettre au Juge des Enfants avant l’échéance du placement. Sur ce temps de réunion clinique nous laissons à l’enfant, à l’adolescent l’opportunité d’intervenir pour exprimer la façon dont il appréhende son projet.


Il y a aussi des temps d’accompagnement informels de l’équipe éducative. Comme je l’ai déjà mentionné, les professionnels qui accompagnent des jeunes adolescents peuvent être confrontés à des comportements auto ou hétéro-agressifs. Face aux difficultés qui se posent dans la relation, les professionnels éprouvent une palette d’émotions. En tant que psychologue, j’essaye de créer un lieu, un espace, où cette émotion puisse se faire entendre, où le professionnel puisse la déposer et lui donner du sens au regard de la problématique de l’enfant. Il s’agit d’un espace pour ventiler les émotions qu’ils ressentent.


Finalement, même nous, psychologues, suivons un accompagnement un peu similaire avec notre groupe de pairs. Chaque psychologue est intégré au sein d’une plateforme : nous sommes quatre psychologues sur la plateforme des Flandres. Il est important, pour moi, d’avoir ces temps, une fois par trimestre, entre psychologues, pour faire le point sur des situations et échanger sur les questionnements et difficultés rencontrées.

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